Comment aller dans les Catacombes de Paris ?
Commençons tout d’abord par un avertissement. Pénétrer dans les Catacombes de Paris est premièrement illégal, vous exposant à une amende de 135 € si vous êtes pris, et potentiellement dangereux en cas de chute, perte de chemin, effondrement, etc.
À ce titre, je déconseille fortement tout lecteur de s’y aventurer, seul ou en groupe, sans être accompagné d’un guide qui connaît les lieux. Descendre avec un ami cataphile ou un cataphile croisé par chance qui vous propose une descente est toujours beaucoup plus sûr, beaucoup plus fun et largement préférable.
On a tous déjà croisé un groupe de touristes sans plan, avec des sources de lumière inadéquates et en galères.
Ces conseils s’adressent donc à eux, l’objectif étant de minimiser les dangers que pourrait encourir des touristes téméraires (et un peu cons).
1. Lumières
Quelle surprise, dans des tunnels sous 20 m de terre, c’est le noir total ! Équipez-vous à minima d’une source lumineuse par personne sur vos premières descentes (Le flash d’un téléphone ne compte pas). Cela vous empêche de vous retrouver seul et aveugle en cas de séparation et assure une redondance au sein d’un groupe. Les lampes frontales à LED sont plus faciles d’emploi, elles vous laissent les mains libres et ont généralement une bonne autonomie pour vos débuts. Accessibles facilement dans des magasins comme Decathlon qui ont des modèles d’entrée de gamme largement suffisants pour commencer à descendre. Assurez-vous qu’elles soient bien chargées AVANT de partir pour votre sortie. Je recommande aussi d’avoir une seconde source de lumière au cas où la première tomberait en rade.
Pourquoi pas mon flash de tel ? : Il n’est pas fait pour rester allumé des heures (il chauffe, puis s’éteint), il vide une batterie que vous préférerez garder pour votre plan, et il éclaire à peine plus qu’une bougie face à la moindre frontale bas de gamme.
2. Les Plans et les entrées
Bon, maintenant vous y voyez quelque chose, comment entrer dans les catacombes et s’y orienter ? Premièrement, vous ne trouverez sur ce site ni aucun plan, ni aucune indication ou photo d’entrée, vous vous débrouillez sur cet aspect-là.
La plus grosse folie d’un wannabe cataphile est d’essayer de descendre sans plan. Les galeries se ressemblent énormément, les carrefours et embranchements sont multiples, les risques de perte plutôt élevés. Ayant dû aider à sortir des touristes perdus sans plan, je peux vous dire que c’est franchement chiant pour les autres cataphiles et vous risquez d’être très mal vus.
Il suffit de quelques minutes de fouille sur internet pour que même le plus luddite trouve un plan passable. Les plans disponibles publiquement ne sont pas forcément les plus à jour, c’est vrai, mais ils suffisent largement dans la plupart des cas et sont infiniment mieux que pas de plan. Une grande partie des galeries portent aux intersections des plaques indiquant son nom, faites attention à ce détail pour votre orientation.
Finalement, si vous êtes perdus et que vous n’arrivez pas à vous repérer même avec un plan : les catacombes sont plus fréquentées que vous pouvez le penser. Essayez de trouver une galerie longue et droite ou une salle aménagée, c’est généralement un endroit plus fréquenté, et attendez le passage d’autres cataphiles pour vous aider.
Pour les entrées, c’est similaire, certaines sont trouvables en ligne, d’autres non, c’est ainsi. Abandonnez l’idée d’entrer par des plaques rondes, elles sont très lourdes, dures à ouvrir d’en haut, dures à refermer d’en dessous et, sans équipement, impossible à rouvrir du dessous sans se mettre en danger. Les plaques carrées et triangulaires sont plus accessibles, mais elles restent dangereuses en cas de fermeture non contrôlée et mènent généralement à des échelles sur lesquelles la prudence est de mise. L’option la plus facile pour des néophytes reste les entrées par escalier ou chatière, sur lesquelles je ne dirai rien de plus. Dans tous les cas : faites attention à votre entourage, évitez d’ouvrir une plaque devant une voiture de police, ne laissez JAMAIS de plaques ouvertes derrière vous et restez discrets ! Une plaque grillée est une plaque qui a plus de chance d’être soudée.
3. Habits
Les catacombes, en vertu de leur profondeur, sont en permanence à une température assez fraîche autour des 12-16 °C, hiver comme été. Lors des périodes de marche, il est assez confortable d’être en manches courtes, mais lors de pose on se refroidit assez vite et un pull ou un haut un peu chaud est le bienvenu. Certaines sections des catacombes sont inondées à des degrés variés. Selon la zone où vous êtes, il est possible de rester pieds secs, mais pas toujours. Privilégiez les chaussures avec lesquelles vous pouvez marcher quelques heures, avec des semelles agrippantes, le sol peut être glissant. Des bottes fonctionnent aussi bien, mais certaines zones ont de l’eau au-delà d’un mètre de profondeur, et on y passe plus facilement avec des chaussures qui sécheront vite qu’avec des bottes qui garderont l’eau.
4. Provisions
Là, ça dépend de vous, de la durée présumée de votre descente et de vos envies. Je conseille de prendre une grande bouteille d’eau, marcher donne soif et en cas de perte les plus gros dangers sont la déshydratation et l’hypothermie (voir habits ci-dessus). Des bougies, quoique non suffisantes pour se déplacer, suffisent pour éclairer les salles des pauses d’une lumière plus agréable que des LED blanches et de plus permettent de conserver la charge de vos lumières pour quand c’est réellement nécessaire. Snacks, enceinte, repas etc. sont tous des bons amis d’une descente aussi.
5. Dangers
Les catacombes ne sont pas sans danger bien évidemment, mais les risques peuvent être minimisés si on en est conscient à l’avance. Tout premièrement, le risque de perte, loin d’être anodin, il peut être relativement grave. En 2017, deux adolescents se sont perdus plus de 72h avant d’être retrouvés par les secours, avertis par leurs parents. Pour minimiser ce risque, référez-vous premièrement à la section plans plus haut sur cette page. Ensuite, il est vivement conseillé de prévenir quelqu’un avant votre descente en précisant par où vous descendez, dans quelle zone générale vous comptez vous aventurer, ainsi que votre heure d’entrée et votre heure prévue de sortie. De cette manière, en cas d’imprévu ou d’accident, quelqu’un peut contacter les secours ou des cataphiles pour vous venir en aide.
Deuxièmement, le risque de chute : certains accès se font par d’assez longues échelles, certaines sans palier de repos, et tomber lors d’une descente ou une remontée peut être extrêmement dangereux. Je suis au courant d’au moins un cas récent de connaissances qui ont dû être secourues par les pompiers après être tombées d’une échelle. Ils s’en sont sortis avec plusieurs fractures et un traumatisme crânien, mais ils auraient très bien pu y rester. Pour éviter cela, vous devez redoubler d’attention sur les échelles, ne pas faire les cons à ce moment-là et ne pas hésiter à vous reposer aux paliers s’il y en a. De plus, les catacombes comptent de nombreux puits souterrains allant de quelques dizaines de centimètres à plusieurs mètres, certains étant à fleur de sol sans pourtour ni barrière. Il est donc primordial de bien regarder où on met les pieds et de faire attention à l’abord des puits.
Dernièrement, le risque de se taper la tête : les plafonds des galeries peuvent subitement s’abaisser, passant de plus de 2 m à plus bas que votre taille. Regardez bien devant vous en marchant afin d’éviter un bon mal de crâne, et si vous êtes en terrain inconnu, évitez de courir sans faire attention. Certains cataphiles portent des casques pour cette raison, et j’ai déjà vu un cas où un ami a fait une légère commotion. Soyez généralement bien attentifs à votre environnement lors de votre descente.